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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 00:48

     Faut-il aimer la peinture de Giorgio di Chirico, sa fabrique de rêves ?
    La tonalité chantante de son nom me porte davantage vers la lumière et la vie que son oeuvre. Elle a guidé mes pas vers le Palais de Tokyo. Parmi la foule, un soir de vernissage, par-dessus son épaule, j'ai regardé, silencieuse, les ombres, les lumières se couper au confluent d''une architecture frigide.

    Chaque regard est un pas en une rue, sur une place où la pierre crie plus fort que la pensée humaine. Au centre se prélassent d'écrasantes sculptures plus réelles que les êtres dématérialisés et d'où nul battement de coeur jamais ne résonne.

    Images répétées d'une immense solitude, froide. Opaques fenêtres et portes closes de cités dortoirs, d'invisibles parloirs et réfectoires aux brouhahas étouffés. Face aux silhouettes d'adultes et d'enfants,
à l'éternel gris d'un silence sans fin, le plus petit commun des mortels peut-il se laisser bercer par une pensée métaphysique ? Illusoire territoire d'une idée artificielle aux icônes sérielles, systèmatiques.  Cet au-delà ne me parle pas.
    Univers mécanique, insonore, insolite. Le regard glisse sur la pente d'un indéfinissable malaise.
    Robots, pantins désarticulés. Jeux de cabines balnéaires et de cache-cache énigmatique. Piétinement dans un liquide boueux, nauséabond... On voudrait y trouver un peu d'air marin, un brin d'herbe, une rose, une pensée poétique pour une envolée baudelairienne au-desus de "ces miasmes sordides".
    On respire davantage vers les auto-portraits où la touche du pinceau quitte la lassitude  des aplats jaunâtres, verdâtres pour investir de vie les traits du peintre.
    Mais Chirico ne peut s'abstraire de son automatisme et l'âme ne peut trouver ni répit ni salut dans l'éternelle production de son usine de rêves en série.


   

                 
                                                                                                                                                     
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