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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 15:26



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Dans une époque où il est de bon ton de critiquer la beauté, où le dessin et la peinture sont bannis par les " installatteurs" et les "faiseurs”, quoi de plus naturel que de vilipender l'oeuvre de Renoir et plus précisement celle de ses dernières années !

Des critiques s'en donnent à coeur-joie à l'ouverture de l'exposition du Grand Palais. (Philippe Dagen pour Le Monde, Maureen Marozeau au Journal des arts, Philippe Lançon dans Libération ). On sombre vers le vulgaire et l'indécense d'un snobisme bon marché emprûnt chez certains de fantasme sexuel.

Trop de chair, trop d'orange ou de rouge. De la viande ! De la guimauve ! Et quoi d'autre ? Renoir s'écarte de l'impressionnisme ! Mièvrerie, finesse. Trop de Beauté...

Notre grand siècle se permet de juger...

 

Une bouche vernissée, à peine entrouverte sur un sourire au contour évanescent, un regard incliné sur l'instant, teint diaphane et chevelure vaporeuse. Enfants aux joue dorées, jeunes filles au piano, baigneuses épanouies. Une main aux phalanges divines berce l'air. Les touches vibrent sur la toile, d'un sang vif sous ces visages et ces corps. Les teintes glissent de la palette, s'ajouternt en rimes nacrées roses, oranges à la peau, le long des vêtements, de blond et de vert ou de bleu dans les cheveux puis versent un blanc d'ivoire sur les parures et linges aux transparences raffinées, un azur très doux vers l'infini. Ici ou là un rehaut de lumière scintille. L'estompe suit le contour des formes, discerne au-delà des cernes un temps clément au ciel pure. A l'intérieur tout foisonne en une touche fluide.

Cheveux auburn, mélés aux soies du blès, Renoir posséde une science accomplie des blancs et de la couleur. Ocre brun, ocre rouge, de l'ambre et de l'or. Puissamment fondue, audacieuse et dérangeante par trop de richesse. La femme s'impose en une éternelle pensée, un hymne à la création. Dépourvue. Voluptueuse.

Amoureux de l'oranger, du vert, du rouge, Pierre-Aguste Renoir rapproche avec une harmonie sublime les complémentaires. Cette recherche tout au long de son oeuvre se magnifie en un dernièr chant où la justesse des tons, la précison des formes, la finesse de la matière affirment toute l'audace des rimes de la vie. Ses touches incisives racontent toutes les secondes de l'existence, sous son pinceau, celles de l'enfant, la jeune fille, puis de la femme. puissamment lourde, puissamment riche de sève. Les petites veines frémissent sous les tempes. L'air vibre par les fibres de ses canevas.

 

Il a aimé Titiens, Rubens,Watteau, Fragonard puis Ingres. Il fut à son tour admiré par Cézanne, Picasso, Bonnard, Matisse...

 

Comment Renoir aurait-il dû peindre pour flatter le regard du XXIe siècle ?

 

De l'art à la manière de peindre, s'allient clacissisme et impressionnismme. L'empreinte vaporeuse du peintre transcende le réel vers l'essentiel invisible.

 

Redenons la juste place aux choses. Que l'urinoir de Duchamp retrouve ses lieux d'usage et que l'oeuvre d'Auguste Renoir remonte des réserves vers la lumière.

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commentaires

C
<br /> la critique est aisée...je n'aime pas forcément tous les tableaux de Renoir, mais il y en a bien quelques-uns que j'emprunteais volontiers !!!<br /> <br /> <br />
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