4 février 2008
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Oeuvre majeure du peinte nabi Félix Vallotton
Huile sur carton 48x62 cm, 1889, musée d'Orsay
Huile sur carton 48x62 cm, 1889, musée d'Orsay
Dans une allée ensoleillée, un enfant abrité d'un chapeau de paille se démène et s'élance vers une balle rouge. Ses cheveux blonds, son habit blanc flottent dans l'éclante lumière où sa petite ombre au sol le précède et les reflets sombres des feuillages le pousrsuivent de leurs formes inquiétantes. Tout se meut. Tout frémit en ce coin de parc où bruit et silence, vitesse et repos se succédent sur un rytme identique à l'alternance des ombres et lumières. Le feuillage découpé, la pelouse striée de lumiére accompagnent le mouvement de la silhouette. enfantine.
Comme dans les estampes japonnaises si recherchées par les peintres de la fin du XIXe siècle, le tableau présente deux angles de vues contradictoires. L'enfant est représenté en plongée selon le regard d'un spectateur situé en terrasse, à l'avant du tableau. En revanche , les deux silhouettes féminines répondent à la vision d'un observateur, au niveau du sol, qui cherche l'horizon. Pour parcourir l'oeuvre, le visiteur est contraint de reproduire le mouvement de l'oeil du peintre. Du vêtement blanc de l'enfant, le regard est irresistiblement attiré par la robe plus lumineuse encore d'une des deux femmes à la lente démarche, venant du fond du tableau. Il mesure ainsi l'immensité de l'espace séparant l'enfant des deux silhouettes fantomatiques.
Curieusement, la situation évoquée est analogue à celle du déjeuner de Claude Monet (voir l'article Du Jeu de Paume au Musée d'Orsay ) où le peintre impressionniste représente, lui aussi, un enfant et deux femmes. Les deux oeuvres suggèrent la solitude enfantine. Chez Monet un petit garçon reste plongé dans une méditation mélancolique, aux pieds d'une table où s'éternisent les reliefs du repas des adultes dont il a été écarté. L'artiste décrit un univers famillier aux objets rassurants. La magie du pinceau dématérialise un instant quotidien. L'oeuvre en immortalise le bonheur éphèmère. Chez vallotton, est-ce un garçon? Est-ce une fille? On ne sait. Le cadrage arbitraire excluant le ciel, isolant une arène ocre (une allée courbe?) juxtaposée au vert profond de la pelouse, les découpes sèches des grandes masses colorées, nous plongent dans l'univers fantastique d'un rêve troublant.
Comme dans les estampes japonnaises si recherchées par les peintres de la fin du XIXe siècle, le tableau présente deux angles de vues contradictoires. L'enfant est représenté en plongée selon le regard d'un spectateur situé en terrasse, à l'avant du tableau. En revanche , les deux silhouettes féminines répondent à la vision d'un observateur, au niveau du sol, qui cherche l'horizon. Pour parcourir l'oeuvre, le visiteur est contraint de reproduire le mouvement de l'oeil du peintre. Du vêtement blanc de l'enfant, le regard est irresistiblement attiré par la robe plus lumineuse encore d'une des deux femmes à la lente démarche, venant du fond du tableau. Il mesure ainsi l'immensité de l'espace séparant l'enfant des deux silhouettes fantomatiques.
Curieusement, la situation évoquée est analogue à celle du déjeuner de Claude Monet (voir l'article Du Jeu de Paume au Musée d'Orsay ) où le peintre impressionniste représente, lui aussi, un enfant et deux femmes. Les deux oeuvres suggèrent la solitude enfantine. Chez Monet un petit garçon reste plongé dans une méditation mélancolique, aux pieds d'une table où s'éternisent les reliefs du repas des adultes dont il a été écarté. L'artiste décrit un univers famillier aux objets rassurants. La magie du pinceau dématérialise un instant quotidien. L'oeuvre en immortalise le bonheur éphèmère. Chez vallotton, est-ce un garçon? Est-ce une fille? On ne sait. Le cadrage arbitraire excluant le ciel, isolant une arène ocre (une allée courbe?) juxtaposée au vert profond de la pelouse, les découpes sèches des grandes masses colorées, nous plongent dans l'univers fantastique d'un rêve troublant.